SOS Prisonniers Gabon a appris avec une profonde préoccupation l’arrestation des syndicalistes Marcel Libama, intervenue le lundi 19 janvier 2026 en fin d’après-midi, ainsi que celle de Simon Ndong Edzo, survenue très tôt ce mardi 20 janvier 2026.
Marcel Libama et Simon Ndong Edzo sont deux figures de proue du mouvement syndical dans notre pays, reconnues pour leur engagement constant en faveur des droits sociaux et de la justice.
Marcel Libama n’en est malheureusement pas à sa première arrestation. Sous l’ancien régime, il avait déjà fait l’objet de plusieurs interpellations, allant jusqu’à séjourner en milieu carcéral. Il n’est nullement un délinquant, encore moins un criminel en col blanc. Marcel Libama a toujours été aux côtés du peuple opprimé, des sans-voix, assumant avec courage un franc-parler sans compromis. Il demeure un défenseur infatigable de la dignité humaine, à l’instar de Simon Ndong Edzo.
Ces arrestations interviennent dans un contexte de crise profonde du secteur éducatif, marquée par des revendications légitimes des enseignants.
Dans un État de droit, l’expression d’une opinion, le soutien à une grève ou la participation à un mouvement social ne constituent ni un crime ni un délit. Ils relèvent des libertés fondamentales garanties par la Constitution, les conventions internationales et les principes démocratiques universels.
Arrêter des leaders d’opinion pour leur prise de position en faveur d’une grève revient à criminaliser la liberté d’expression et à transformer le dialogue social en un affrontement répressif.
La comparaison est édifiante. Récemment, Jean-Luc Mélenchon a soutenu publiquement des agriculteurs en grève en France. Est-il agriculteur ? Non.
A-t-il été arrêté ? Non.
Parce que dans un État de droit, soutenir une lutte sociale ne constitue pas une infraction pénale.
Pourquoi, alors, dans notre pays, des leaders syndicaux et des acteurs de la société civile sont-ils interpellés pour avoir exprimé une opinion ou accompagné une mobilisation sociale ? Pourquoi l’arrestation devient-elle la réponse systématique à la revendication ?
Un État de droit ne réprime pas la parole, il l’encadre.
Un État de droit ne muselle pas les grévistes il négocie.
La prison ne remplacera jamais le dialogue social.
La répression ne résoudra jamais les crises sociales.
SOS Prisonniers Gabon exprime son soutien total et indéfectible à Marcel Libama, à Simon Ndong Edzo ainsi qu’à SOS Éducation.
SOS Prisonniers Gabon réaffirme son engagement pour l’avènement d’une justice véritablement indépendante, respectueuse des droits humains et des libertés fondamentales.
HUMANISONS LES PRISONS.

